Introduction au time-lapse

(Cet article est également disponible sous forme de dossier téléchargeable en .pdf dans la médiathèque du site).

Il y aurait tout un livre à écrire pour vraiment parler du time-lapse, je vais essayer de présenter ici quelques notions simples et une version facile du procédé de création d’un time-lapse.

Mais alors, le time-lapse, c’est quoi ?

Le time-lapse, qui est un anglicisme, est en fait une vidéo en accéléré produite à partir de photos prises à intervalle régulier. Expliqué autrement :

  • Vous savez déjà qu’une vidéo est une série d’images qui défilent très vite, par exemple à 24 images par secondes, 30 images par seconde, etc.
  • Si vous prenez une photo toutes les 2 secondes, puis que vous les assemblez en vidéo à 30 images par secondes, vous aurez alors un accéléré. C’est-à-dire que 1 minute du temps réel (30×2 secondes) vont défiler en 1 seconde de vidéo.
  • C’est ce qu’on appelle le time-lapse, technique à mi chemin entre la photo et la vidéo !

Voici un petit exemple réalisé par Simon Christen:

HISTOIRE (vraiment succincte)

Eadweard Muybridge, Human and Animal Locomotion, Philadelphia, 1887

Le cinéma repose en fait sur la persistance des images dans notre rétine. Il utilise des images fixes qui défilent à plus de 24 images par secondes sous nos yeux. Cette vitesse a pu varier au fil du temps et des technologies. C’est par illusion d’optique que les mouvements nous paraissent fluides, il s’agit d’une pure interprétation de notre cerveau. Mais ces images sont prises et retranscrites à la même cadence que la prise de vue. Si, au contraire, les images sont prises à une cadence plus faible que la cadence retranscrite à l’écran, le mouvement paraîtra accéléré. C’est ainsi que la prise de vue à intervalles réguliers est appelée la chronophotographie. Ce principe a été inventé en 1878 par Étienne-Jules Marey et Eadweard Muybridge, initialement pour photographier des vols d’oiseaux ou des mouvements d’humains et d’animaux domestiques.

Le premier time-lapse introduit dans un film en 1897 est bien évidemment réalisé par Georges Méliès, déjà connu pour sa maîtrise des effets spéciaux de l’époque, pour le film « Carrefour de l’Opéra ». Par la suite, au début du 20eme siècle le time-lapse sera progressivement utilisé pour montrer la nature et les paysages, sa popularité augmentant au fil des décennies et des améliorations techniques. Il reste cependant la spécialité des vidéastes et cinéastes en raison des difficultés techniques et des faibles débouchés.

Le time-lapse verra sa popularité exploser, d’une part grâce à l’émergence des technologies numériques facilitant grandement sa réalisation, d’autre part grâce à internet et la popularisation des vidéos d’amateurs, avec un partage facilité par les diverses plates-formes d’échange. Touchant déjà un large public et devenu incontournable pour l’industrie du cinéma, de la publicité, ou encore l’imagerie scientifique, c’est à partir des années 2000 que le procédé sort des sphères professionnelles et spécialisées pour devenir un outil relativement accessible aux photographes ou vidéastes amateurs.

A QUOI CA SERT ?

Cette pratique offre la possibilité de capter le mouvement et la lumière dans leur durée, à l’inverse de la photo (figée) et de la vidéo (a vitesse réelle, ou proche). C’est une façon différente de raconter une histoire. Elle peut se pratiquer sur des périodes très courtes (à peine quelques minutes) ou au contraire très longues (jours, mois, années). Montrer quelque chose en accéléré dessert des finalités aussi différentes qu’opposées. Il est courant de rechercher un caractère informatif, voir scientifique, c’est alors un simple moyen d’observation et d’appréciation. Au contraire sur le plan artistique il s’agit de capter les mouvements et les lumières sous des aspects nouveaux en manipulant le fil du temps. Il est possible de mélanger différentes techniques issues de la photographie classique, et ainsi démultiplier les possibilités. Une même scène peut transmettre une émotion complètement différente selon qu’elle soit prise en photo, en vidéo ou en time-lapse.

Quelques exemples d’application en paysage (crédits dans les vidéos, la 3eme, en noir et blanc, est particulièrement spectaculaire):

Je vous met d’autres exemples en liens pour ne pas trop alourdir l’article. L’idée est de donner un aperçu de la grande diversité d’utilisation des time-lapses.

Urbain :
https://vimeo.com/138455955
https://vimeo.com/108792063
https://www.youtube.com/watch?v=b8wdDY3w1EU

Feux d’artifice :
https://vimeo.com/136413287
https://vimeo.com/150477334

Nature :
https://vimeo.com/69225705 (graines et fleurs)
https://vimeo.com/118853074 (aquatique)
https://vimeo.com/53605625 (ne regardez pas si vous n’aimez pas les insectes)
https://www.ted.com/talks/anand_varma_a_thrilling_look_at_the_first_21_days_of_a_bee_s_life (idem, il s’agit de larves d’abeilles pour la recherche)

Technique :
https://www.youtube.com/watch?v=3Z1apJSjc_I (technique de dessin)
https://www.youtube.com/watch?v=I51m3AI6hyA (construction d’un navire)
https://www.youtube.com/watch?v=egQG_7rM_8I (et oui même dans les jeux vidéo !)

Plus abstrait :
https://vimeo.com/70573323

Bonus : de spectaculaires time-lapses depuis l’espace : https://vimeo.com/61487989 et https://vimeo.com/32001208

Et caetera…

INTRODUCTION A LA REALISATION D’UN TIME-LAPSE : PREPARATION, MATERIEL

Le time-lapse est bien plus accessible qu’il n’y parait et pas forcément très long à réaliser. C’est vraiment à la portée de tous ! L’important est de bien comprendre le processus de création ou « process » (oui j’utilise des anglicismes et j’assume).

La phase de préparation est absolument primordiale pour la réalisation d’une séquence de bonne qualité. Il serait trop long de détailler ici tout ce qui fait une bonne ou une mauvaise préparation pour un projet, mais je vous suggère la lecture de cet article concernant les préparatifs et l’investissement en photographie de paysage, vous y trouverez des pistes et quelques réponses.

Concernant le matériel pas besoin de se ruiner. N’importe quel appareil photo peut faire l’affaire tant que vous pouvez y associer une fonction dite « d’intervallomètre ». Lorsqu’elle est intégrée à l’appareil cette fonction peut prendre différent noms comme time-lapse ou hyperlapse selon le fabriquant. Vous pouvez parfaitement faire ça avec votre Smartphone ! Il existe des applications spécifiques mais les modèles récents intègrent déjà bien souvent une telle fonction. Vous trouverez parfois sur internet des articles expliquant qu’il vaut mieux un reflex… c’est n’importe quoi. Ou bien ce sont des articles trop anciens écris à une époque où seuls les boitiers reflex pouvaient accueillir un intervallomètre. Mais ce n’est plus le cas.

Le trépied:
Evidemment le trépied est un accessoire quasi indispensable afin de conserver le boitier dans une position stable pendant toute la durée de la prise de vue. A défaut… il faut au moins essayer de bien caler l’appareil. Mais difficile de remplacer un trépied par autre chose. Un bon trépied n’est ni grand ni petit, il est adapté à votre matériel et votre situation. Pour se déplacer les énormes trépieds en acier sont une plaie, ils conviennent en revanche aux ensembles lourds et aux conditions difficiles (vent). Il doit être suffisamment rigide pour porter le poids de votre matériel. Dans le cas d’un petit appareil ou d’un téléphone, un petit trépied léger suffit. A vous dévaluer correctement la situation.

La télécommande intervallomètre:
Si votre boitier ne possède pas d’intervallomètre intégré, ou de possibilité de gérer la prise de vue avec un logiciel externe, il est indispensable de posséder une télécommande dite « intervallomètre ». C’est elle qui va gérer la prise de vue et ordonner au boitier chaque déclenchement. Si votre boitier le permet vous pouvez utiliser une application et votre smartphone ou tablette pour servir d’intervallomètre.

Les batteries et le grip:
Pour les prises de longue durée le grip permet de doubler l’autonomie de votre boitier. Ce n’est pas indispensable pour de petites séries de moins de 1000 photos, ou de moins de 2 heures, mais selon votre boitier cela peut devenir utile pour les grosses séries, les prises sur une longue période, ou les sorties dans le froid. Dans tous les cas, n’oubliez pas vos batteries supplémentaires ! Certains vont même jusqu’à bricoler et brancher une grosse batterie externe pour alimenter leur boitier sur de très longues périodes. Et oui MacGyver fait aussi du time-lapse !

Les cartes mémoires:

Par Bengt Nyman

Outre le fait qu’il est toujours intéressant de posséder des cartes mémoires supplémentaires, pensez surtout à la capacité de celles-ci ! Spécialement si vous shootez en RAW. Avant de vous préparer à des séries de 400 ou 900 photos, veillez à ce que votre carte mémoire ai suffisamment de capacité pour tout enregistrer. Le mieux est de commencer avec une carte mémoire vide, afin d’éviter les mauvaises surprises.

Par Robert Emperley

Le filtre ND:
Pas indispensable bien entendu, mais permet d’utiliser des poses un peu plus longues afin de fluidifier les mouvements présents sur votre time-lapse (personnages, nuages, véhicules…).

L’ordinateur:
Qui dit time-lapse dit post-traitement en lot. Bref il vous faudra un ordinateur. Pas forcément besoin d’une bête de course, surtout si vous faites des séries en format JPG, mais dans le cas d’un gros time-lapse à partir de nombreux RAWs, avec un gros traitement et pas mal de subtilités, le traitement du lot d’images et le rendu vidéo seront extrêmement gourmands en ressources. N’envisagez pas un rendu 4k avec une machine un peu molle. A défaut d’avoir un ordinateur de compétition, il est intéressant mal d’avoir suffisamment de RAM et un processeur moyen de gamme (par exemple un i5 ou mieux). Disons que votre time-lapse ne sera pas meilleur, mais vous gagnerez du temps, beaucoup de temps…

(DR)

Tête rotative, rampe et autres matériel plus technique:
Il existe divers outils pour donner un peu de mouvements au time-lapse ou proposer des angles de vue originaux. Ils autorisent parfois un savant mélange de rotation et de déplacements de l’appareil photo. C’est généralement encombrant, et nécessite un paramétrage beaucoup plus fin et complexe qu’une prise de vue conventionnelle. Nous n’en parlerons pas en détail dans la mesure où ce n’est ni indispensable, ni facile à maîtriser. Il faut juste savoir que ca existe.

PRINCIPE DU « WORKFLOW » D’UN TIME-LAPSE

Prendre une série d’images pour un time-lapse n’est pas difficile, et pas forcément long. Par contre il est essentiel d’être bien organisé, et de parfaitement comprendre tout le processus de la préparation au rendu vidéo final.

 

Par Sylvain Fillos

TECHNIQUES DE PRISE DE VUE

Les techniques de prise de vue sont variées. Ne prenez pas trop à la lettre les personnes qui voudraient vous faire croire qu’il faut faire « absolument comme ça » ou « forcément comme ceci ». Cependant, histoire de pas écrire un roman sur le sujet, je vais me focaliser sur un archétype de réglage simple et adapté à la découverte du time-lapse en prenant chaque point de réglage un à un. Mais ceci n’est en aucun cas une règle absolue ! En dehors de ça, il s’agit d’exposer avec les mêmes principes qu’en photographie « classique », tout en tenant compte de certaines particularités spécifiques au time-lapse ou à la vidéo. Vous comprendrez qu’il est généralement conseillé d’utiliser le mode manuel « M », bien que dans certains cas spécifiques les autres modes puissent se révéler utiles.

1-La sensibilité:
Dans le cas d’une scène simple sans grande variation lumineuse, l’idéal est de rester sur une sensibilité la plus basse possible. D’une part vous verrez plus loin qu’il est aisé de rester sur des sensibilités basses en time-lapse (poses plutôt lentes ou longues), d’autre part cela vous aidera à conserver la meilleure dynamique possible, et donc plus de latitude en retouche (en particulier en RAW). Je vous invite à régler cette sensibilité manuellement. La sensibilité auto est cependant utilisable dans certaines situations avec de forts changements de luminosité (passage jour/nuit par exemple, ce que les anglophones appellent un « Holy grail »). Ne vous compliquez pas la vie avec la sensibilité automatique tant que vous n’êtes pas familier de la technique.

2-L’ouverture:
Egalement à régler en manuel sauf cas très spécial. Comme pour une photo normale à vous de vous positionner entre lumière et profondeur de champ. N’hésitez pas à jouer avec les flous et transitions même en time-lapse !

3-La vitesse:
C’est ici qu’il fait être vigilent. Le choix de la vitesse est PRIMORDIAL ! Comme en vidéo, il est plus agréable de conserver une certaine fluidité lorsque vous travaillez sur des mouvements (mouvements de caméra ou mouvements dans le champ: personnages, véhicules etc…). Bien entendu vous pouvez totalement en jouer, jusqu’à créer un time-lapse à partir de pose vraiment longues. Voiçi une vidéo exemple pour illustrer la différence: https://youtu.be/hxwE5AmxMwc?t=194. Le lien démarre à 3 minutes 14 secondes et la séquence va jusqu’à 4 minutes 20 sec. C’est en Anglais mais peu importe, il suffit de regarder les images et les paramètres de prise de vue affichés : 1/60, 1/25, 1/15, ½, 1sec, 2sec. C’est très visuel !

Cette vitesse est donc à adapter en fonction de la fluidité que vous chercher à apporter au mouvement, mais aussi en fonction des conditions de prise de vue, notamment de lumière, et des choix d’intervalle entre vos photos. Dès que votre séquence présente des mouvements importants, il est conseillé de s’approcher d’une vitesse d’obturation au maximum 50% plus courte que l’intervalle entre chaque photo.

Par exemple en vidéo, à 25 images par seconde vous avez un intervalle de 1/25eme de seconde. Et chaque image de la vidéo est couramment prise autour de 1/50eme de seconde, ce qui est la moitié de 1/25 (si vous vous souvenez de vos cours de math c’est bien ça !). En utilisant des vitesses plus courtes comme 1/125 on s’expose à une perte de fluidité. Et bien c’est pareil en time-lapse, à la différence que les intervalles sont plus longs. Prenons un exemple concret:

4-Le triangle d’exposition:
Pour synthétiser les points précédents, on peut reprendre une version adaptée du triangle d’exposition comme ceci:

Source: LearnTimeLapse.com

5-L’intervalle:
L’intervalle entre chaque photo est tout aussi important que le réglage de la vitesse. Il sera normalement supérieur à une ou deux secondes. Actuellement (2016) est rare qu’un boitier et une carte mémoire puissent supporter des intervalles plus courts, et de toute façon peu d’intervallomètres le proposent.

Le choix de l’intervalle se calcul en fonction du sujet à traiter, du temps de vidéo souhaitée, et de la cadence de cette vidéo en images par seconde (généralement 24, 25 ou 30). Prenons un cas: vous faites le time-lapse d’une rue en mouvement en pleine après-midi et recherchez une vidéo de 10 secondes seulement, à 25 images par secondes.

  • Variante 1: vous souhaitez une vidéo à 30 images par seconde, vous aurez donc besoin de 10×30=300 photos soit une prise de vue de 5 minutes.
  • Variante 2: Vous souhaitez une séquence finale de 35 secondes, vous aurez donc besoin de 35×25=875 photos, soit une durée totale de prise de vue de 875 secondes = 14,6 minutes de prise de vue.
  • Variante 3: vous décidez finalement d’un intervalle de 3 secondes entre chaque photo. Il vous en faudra toujours 250, mais cette fois la durée de prise de vue sera 250×3=750 secondes, soit 12,5 minutes.

Vous apprendrez rapidement à calculer ça à la volée, de tête. N’hésitez pas à vous aider d’applications sur téléphone mobile, ou de calculateurs tels que :
https://www.packafoma.com/blog/2014/01/22/time-lapse-photography-interval-calculator-app/

6-La balance des blancs:
C’est très simple, si vous shootez au RAW il n’y a pas à s’en soucier. Mais si vous shootez en JPG il faut impérativement régler manuellement la balance des blancs pour qu’elle soit identique sur chaque photo. Sinon pour vous exposez à un rendu très hétérogène.

7-Autres réglages du boitier:
Il est important de vérifier que d’autres paramètres du boitier soient bloqués manuellement voir désactivés, en particulier si vous shootez en JPG. Par exemple tout ce qui est gestion dynamique (ombres/lumières, les noms varient selon les marques).

IMPORTANT: une fois la mise au point faite pour votre scène, placez l’AF en manuel ! Sinon le boitier refera le point à chaque photo, ce qui risque de donner des résultats très hétérogènes et perturber votre intervalle de prise de vue. C’est une source très courante de ratés en time-lapse.

8-Raw ou JPG ?
Certes, faire un time-lapse en RAW, comme pour la photographie « classique », offre bien plus de latitude dans le post traitement. Mais n’écartez pas forcément le JPG: c’est un format simple et léger, très pratique dans les situations de prise de vue facile. Retenez également que vos photos seront prises dans des définitions nettement supérieures aux définitions utilisées en vidéo (même pour la 4k). Donc vos images seront réduites lors du passage en vidéo (« rendu vidéo »). Cela aura pour effet de gommer certains défauts ou imperfections relatives au format JPG. L’utilisation du JPG est aussi intéressante si vous avez du matériel limité, notamment un ordinateur peu puissant.

Dans le cas d’une séquence prise directement en JPG, pensez à bien affiner vos réglages boitiers (contraste, couleur, netteté, ombres etc…) en fonction de la scène photographiée afin de ne pas avoir à revenir dessus par la suite.

Pour un time-lapse sérieux, complexe, à forte dynamique ou nécessitant un traitement conséquent, préférez bien entendu le format RAW. Mais celui-ci doit être une solution et non une contrainte.

9-Le cas du High Dynamic Range (HDR):
Certains spécialistes prennent chaque photo en HDR (c’est à dire plusieurs clichés exposés directement) dans l’optique d’en faire un time-lapse. Cela leur permet de récupérer des détails dans les ombres et hautes lumières tout en compensant les différences de luminosité pendant la prise de vue. Cette méthode est lourde mais tout à fait efficace. Elle perd un peu de son intérêt avec les capteurs récents proposant une dynamique énorme. Ne vous souciez pas de ça si vous débutez, c’est quelque chose de vraiment complexe, mais il est intéressant de savoir que ça existe.

10-Les applications time-lapse:
Je ne vais pas m’étendre sur ce point mais plusieurs applications permettent de paramétrer et contrôler totalement votre boitier pour le time-lapse. Certaines sont très poussées, aussi un peu complexes à prendre en main, et s’harmonisent même avec les logiciels de traitement spécifiques comme « LRtimelapse » (présenté plus loin). Dans ce registre je peux vous conseiller l’application « qdslr », mais d’autres existent.

11-Quelques exemples avec les détails des paramètres de prise de vue:

LA POST PRODUCTION

Le principe en postproduction est tout simplement de traiter les images ensembles, avec une bonne cohérence, avant de les assembler sous forme de vidéo. Plusieurs logiciels se spécialisent dans le traitement mais il est aussi tout à fait possible d’utiliser des logiciels photo classiques comme Lightroom ou Photoshop. A défaut de pouvoir parler de chaque logiciel et décrire leur fonctionnement précis, vous trouverez ci-dessous une liste non exhaustive des plus populaires.

  • LRtimelapse: l’un des plus célèbres, le plus complet, un must have qui plus est déjà très performant dans sa version gratuite ! Une véritable usine à gaz. Il est aussi plus complexe à prendre en main, et nécessite de posséder Lightroom sur son ordinateur. En revanche si vous comprenez l’anglais il existe d’excellents tutoriels disponibles sur le site du développeur. LRtimelapse vient se greffer à Lightroom. Pour résumer, ce logiciel vous permet de définir tout un tas de paramètres liés à votre séquence photo, puis de passer l’ensemble sous Lightroom. Là, à partir d’une série d’indicateurs, vous traitez certaines images clefs préalablement définies avant de tout réexporter sous LRtimelapse. Ce dernier permet le calcul des transitions entre les différents traitements de vos images clefs. Vous obtenez au final une séquence au traitement fluide, parfaitement progressif même pour les séquences les plus difficiles. De plus un module pour traiter le flicker (phénomène expliqué plus loin) est déjà intégré, et plusieurs options intéressantes sont disponibles lors du l’export en vidéo, dont un « motion blur »  sur plusieurs niveaux.
  • Photoshop : oui parfaitement ! Photoshop permet aussi d’assembler des time-lapses, les traiter, et possède tout un module de gestion vidéo. Vous trouverez aisément des tutos expliquant comment créer facilement une séquence sous Photoshop.
  • Time lapse moviemonkey (windows): un logiciel gratuit, simple, et efficace idéal pour des séquences rapides à partir de fichiers JPG ou TIFF. Vous sélectionnez les images, le format de sortie, la cadence, et c’est partit !
  • Time lapse assembler (mac): très simple à la manière de time lapse moviemonkey, mais sur mac.
  • Il existe de nombreux autres logiciels tout à fait valables !

Cas et effets particuliers (liste non exhaustive):

  1. Utiliser un diaphragme manuel (bague de conversion, objectif ancien, choix d’une marque avec bague d’ouverture etc…).
  2. Utiliser un logiciel de déflickering, qui va très bien gommer l’effet (certains logiciels d’édition de time-lapse en intègrent déjà).
  3. Shooter à pleine ouverture.
  4. Utiliser un motion blur important (voir plus loin).
  • Le motion blur est une technique qui consiste à utiliser des images fantômes afin d’améliorer la fluidité de l’ensemble, notamment des mouvements. En outre cela tend à estomper le bruit numérique et les effets du flicker. C’est un outil assez utilisé mais pas du tout indispensable. Certains logiciels intègrent un motion blur paramétrable. Petit exemple parlant :
    https://www.youtube.com/watch?v=w4wse6_9oEM.
  • Les mouvements de caméra : il est possible d’ajouter des effets de mouvements de caméra afin de dynamiser un peu le rendu : mouvements gauche/droite, haut/bas, diagonale, ou encore zoom in et zoom out. Rien d’obligatoire, on fait d’excellents time-lapses sans mouvements du cadre. Il possible d’utiliser les couteux outils présentés précédemment (rampe, tête rotative), ou tout simplement de créer des mouvements artificiels à partir d’images fixes grâce aux logiciels de traitement vidéo.
  • La musique: s’il ne s’agit pas vraiment d’un « effet » particulier, la musique est très souvent associée aux time-lapse. Comme pour un film, doit être en harmonie avec le sujet traité. Il existe pléthore d’exemples sur Youtube prouvant à quel point un beau time-lapse peut être totalement gâché par une musique exécrable. Tâchez de trouver une musique qui sert le thème, avec une présence adaptée : ce n’est pas un clip de David Guetta, c’est un time-lapse…

LA VIDEO

Ce qu’on appelle le « rendu vidéo » est la dernière étape pour produire votre séquence finale. Une fois que toutes les photos sont prêtes et que les derniers paramètres sont réglés, vous pourrez vous lancer dans la création du fichier vidéo. Nous détaillerons peu cet aspects, d’une part de nombreux articles existent sur le sujet, d’autre part tant que vous découvrez le time-lapse il n’est pas nécessaire de trop s’attarder sur les nombreux formats et codecs disponibles.

Très répandu, le codec H264 est un codec léger permettant de conserver un bon compromis entre le poids et la qualité. C’est actuellement le standard des hébergeurs de vidéo en ligne. Je vous le recommande dans un premier temps.

MISE EN LIGNE

Dernière étape, bien que facultative, la mise en ligne permet de partager vos time-lapses. Quelques plates-formes classiques:

  • Facebook: faites ce que vous voulez de votre vie sociale sur internet et Facebook en particulier, mais souvenez-vous que facebook est le réseau social qui dégrade le plus vos vidéo. A éviter dans la mesure du possible.
  • Youtube: facile, connu, et illimité, Youtube aura aussi tendance à dégrader vos vidéos, en particuliers lors de dégradés sombres (nuit, ciel étoilé…).
  • Dailymotion: similaire à Youtube, réputé un peu moins mauvais mais qui sait…
  • Vimeo: la plate-forme favorite en time-lapse, ses algorithmes de conversion sont les moins destructifs. En revanche en accès gratuit l’upload est limité à 500Mo par semaine, au delà il faudra un compte payant.

Il existe différentes façon d’optimiser une vidéo pour tel ou tel réseau/média mais je vous laisse chercher sur internet les articles les plus pertinents sur le sujet.

ENFIN QUELQUES PIEGES A EVITER :

Entre autres sources classiques d’erreur pouvant totalement ruiner votre séquence:

  • Une préparation hâtive de vos paramètres : rater son expo, oublie de désactiver l’autofocus, choisir un intervalle plus court que la vitesse d’obturation… de grand classiques du photographe trop pressé..
  • Un temps de pose trop court sur un mouvement rapide. Grosse erreur. C’est moche.
  • Les poussières sur le capteur. Faciles à effacer sur photo, mais un réel calvaire en time-lapse ! Elles sont particulièrement visibles sur fond clair avec beaucoup de mouvement. Alors pensez à nettoyer votre capteur, surtout si vous shootez à f/11 ou f/16.
  • Les prises de vues trop complexes. Le mieux est de se laisser le temps de bien maitriser la technique. Trop d’ambition tue l’ambition.
  • Le manque de mouvement dans l’image, ce qui rend le time-lapse plat, sans grand intérêt.
  • Le time-lapse long… beaucoup trop long… et ennuyeux.
  • Une musique qui ne colle pas du tout, ou alors bien trop répandue (soyez un peu original !).
  • L’excès (d’effets, de complications, de traitement etc.). De façon générale, too much c’est too much !
2017-08-04T21:02:19+00:00

About the Author:

Le "Photodidacte", l'un des piliers fondateurs de PhotoEtCaetera. Spécialiste de la ruralité en développement international, ancien humanitaire, photographe orienté reportage et paysage, passionné de technique et grand voyageur.

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